Biographie

UNE ENFANCE HEUREUSE DANS UNE FAMILLE MULTI-ETHNIQUE

Née le 09 mars 1941 à Douala. Son père, Mvelle Martin, Bulu originaire de Mboabang dans le Département du Ntem était Infirmier à Douala quand il rencontre sa mère DALLE Louise Douala de Bonapriso. Elle grandit dans une Fratrie composée de deux frères et d’une Soeur. La maison familiale à Douala est déjà le lieu de ralliement de tous notamment des Bulus qui résidaient ou étaient de passage à Douala. Le surnom de son Père était « A kaman ayon » = Defenseur du Peuple.

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Mme Medjo (Bébé assise au centre) entourée par ses parents – 1941

UNE JEUNESSE STUDIEUSE

Douée pour les études et sérieuse, sa jeunesse se passe à Douala d’abord à Ecole des jeunes filles de Douala puis à l’Ecole Normale des instituteurs de Nkongsamba. Elle est ainsi diplômée de la première promotion.

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Mme Medjo dans sa jeunesse

UNE VIE PROFESIONNELLE AU SERVICE DE LA JEUNESSE

L’éducation est la plus puissante des armes que l’on peut utiliser pour changer le monde (N. Mandela)

Faire grandir les autres, révéler le meilleur de chacun, voilà ce qui motive sa vocation d’Enseignante.

Elle devient ainsi  enseignante à l’Ecole publique de New-Bell Bassa à Douala. Quelque temps après, elle reçoit la proposition du Premier Ministre, Charle Assalé, de travailler à Ebolowa où il y avait un grand besoin d’enseignants qualifiés. Elle accepte ainsi d’être affectée à l’Ecole publique d’Adoum à Ebolowa. Elle partira par la suite  pour l’Ecole Urbaine.

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Défilé Ecole Publique – 1966

Elle exerce les fonctions de Directrice d’école ( 1966-1975). Son travail étant reconnue, elle est promue  Inspectrice de l’enseignement primaire et maternel, puis provinciale dans le Sud (1989-1992). Elle bénéficie d’un stage de perfectionnement professionnel à Paris.

MEDJO Delphine a été  membre de Enfance Joyeuse du Cameroun, membre de la ligue Camerounaise de la Culture, de l’Education Populaire et de l’enseignement. Elle fut ainsi Déléguée  de ce mouvement dans la Province du Sud.

UNE FEMME POLITIQUE ENGAGEE ET DETERMINEE

Membre du Bureau Politique du RDPC  – Membre Titulaire du Comité Central du RDPC  (1996 -2016)

Elle entre en politique en 1962 à Douala dans l’Union Camerounaise comme simple militante, ce qui lui permet de faire la connaissance de Charles Assale alors Premier Ministre du Cameroun Fédéral. Une fois rentrée à Ebolowa, la première Dame, Germaine Ahidjo arrive à Ebolowa pour l’inauguration de l’hôpital d’Ekombitié, le Premier Ministre Charles Assale lui propose alors de rester aux côtés de la première dame de l’époque pendant tout son séjour d’Ebolowa. Compagnie qu’elle a bien tenue.

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Visite Germaine Ahidjo à Ebolowa- Mme Medjo à droite

Elle entre définitivement en politique à l’OFUNC (l’organisation des femmes d’union nationale camerounaise). Elle est conseillère dans la commune d’Ebolowa en 1969. Présidente de la section de l’organisation des femmes de l’UNC dans le Departement du Ntem de 1976 à 1981 qui regroupait l’actuel département de la Mvila et celui de la Vallée du Ntem., puis présidente de la Section OFRDPC de la Mvila.

Conseillère municipale sans discontinuer, elle participe à toutes les actions de la marche de son parti le Rdpc.

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Discours à la Place des Fêtes d’Ebolowa

Au terme de 30 ans de vie politique intense, Mme MEDJO Delphine est élue Députée dans la Liste RDPC au scrutin du 1er mars 1992.

Membre de la commission nationale des forêts.

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Hon. Medjo – 3ème à partir de la droite – 1997

Elle participe à l’élaboration de la nouvelle constitution du 18 janvier 1996 qui verra l’introduction du Senat comme deuxième chambre du parlement, la transformation des provinces en régions et la création du Conseil Constitutionnel.

RDPC – Membres du Bureau politique

Delphine Medjo entre au Comité Central et au Bureau Politique du Rdpc en 1996, au moment ou la Nationale, le parti d’Abel Eyenga avait le vent en poupe dans le département de la Mvila, elle tient bon. Tête de liste du RDPC, elle remporte haut la main  les élections. Elle demeure fidèle au Parti malgré sa déception de ne pas occuper le poste de Délégué du Gouvernement.

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Mme Medjo ( 3ème à partir de la droite) avec Mme Chantal Biya

Quelques temps après, elle est nommée coordonnatrice régionale des opérations d’intensification des inscriptions sur les listes biométriques dans le Sud. Opération qu’elle mène avec maestria, ce qui augmente sa cote de confiance dans son parti.

RDPC – Installation Délégués Régionaux SUD

Refusant les passes droits, elle n’hésite pas à se lancer dans la course lors des premières élections sénatoriales du Cameroun et ce malgré son statut de membre du Bureau Politique. Elle n’aime rien autant que les galons gagnés dans l’arène politique.

Le Sénat au Cameroun

16 ans après la fin de son mandat de parlementaire, le 14 avril 2013, Delphine Medjo est élue à la première élection sénatoriale du Cameroun.

Elle est Vice-présidente de la Commission de la défense.

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Hon. Medjo à droite du Président du Sénat S.E Niat Njifenji

Membre active des femmes au Senat, elle fonde  l’Association des dames responsables du RDPC à Ebolowa.

Son action politique se traduit concrètement également par la réfection des salles de classes, l’électrification rurale et la réalisation des points d’eau.

 DISTINCTIONS HONORIFIQUES

Mme Medjo Delphine est  décorée des Médailles de :

  •  Chevalier et Officier de l’Ordre National du Mérite Camerounais
  • Grand Cordon de l’Ordre National du Mérite Camerounais (à titre posthume le 17.12.2016)
  •  Chevalier et Officier  de l’Ordre National de la Valeur
  •  Commandeur Ordre National de la Valeur
  •  Grand Dignité de l’Ordre National de la Valeur

Au delà des ses fonctions politiques, Mme MEDJO Delphine menait également une vie privée et familiale riche construite autour de la Famille et de la Foi.

UNE CHEF DE FAMILLE ATTENTIVE

L’Amour de la Famille a été son credo et sa raison de vivre. Elle a toujours été attentive à chacun de ses membres. Son unité était une obsession constante. Elle a montré l’exemple de la relation très proche qu’elle a entretenu avec sa soeur Mvele Augustine et son frère Nko’o Mvele Pierre. Cet amour et cette proximité lui a permis de faire face aux aléas de la vie. Son plus profond désir est que cette unité et cet amour se perpétuent entre les enfants et les petits enfants.

Mme Medjo Delphine était mère de 07 enfants et de plusieurs petits-enfants  et arrières petits enfants.

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UNE FEMME LIBRE ET INDEPENDANTE

Son parcours seul démontre la capacité, la force et le courage des femmes à contribuer à la vie publique et politique au Cameroun et en Afrique. Elle a incarné cette conviction au quotidien. Cela ne s’est pas fait en opposition aux hommes. Elle a toujours eu le souci de suivre son chemin. Son éducation et son ouverture d’esprit lui ont permis de travailler et de collaborer avec « le monde masculin ». Tout cela lui était naturel mais cela n’enlève rien aux difficultés rencontrées. Certains ont su l’épauler et elle a toujours été reconnaissante pour cela. Pionnière, elle a contribué à faire entendre la voix des femmes mais aussi à démontrer leur compétences. D’autres femmes ont su prendre la relève pour œuvrer au bien commun.

Etait-ce une féministe ? Elle ne se revendiquait pas comme t-elle. Son action a cependant contribué à donner de la visibilité aux femmes dans les sphères de décisions.

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Mme Medjo – 1996

UN AMOUR IMMODERE POUR LA LITTERATURE

Lors de ses moments de détente, rien de mieux qu’un bon livre. Cette passion de la lecture elle a su la transmettre à ses enfants.

Ecrire, oui elle aimait écrire mais davantage des discours. Le projet d’écriture de ses mémoires avait été un temps évoqué mais Mme MEDJO était une femme pudique n’aimait pas exposer sa vie aux vu et su de tous. Nul doute que cela aurait permis de comprendre certains moments clés de la vie politique.

UNE FEMME DE FOI

De mère protestante et de père catholique, elle est une croyante discrète. Sa foi  l’a accompagné tout au long de la vie dans les moments de joie mais aussi dans les peines. C’était son rempart et son réconfort.

Cette foi, elle la vivait aussi dans son engagement dans les différentes associations chrétiennes de femmes.

Le Seigneur a toujours été  et demeure son Protecteur et son Ange-gardien.

UNE RICHESSE, UN HERITAGE…

 Son héritage, ce sont les hommes et femmes qu’elle a su faire grandir. Il y a eu des succès et des échecs. Tout n’a pas été parfait mais elle a toujours su donner le meilleur d’elle-même à chaque fois.

Ceux qu’elle a su inspirer continueront à faire vivre son Idéal et sa foi en l’Homme.

 

4 commentaires sur « Biographie »

  1. Que de larmes
    Beaucoup de peine.
    Tu n’auras pas vécu pour rien; au contraire.
    Papa m’a toujours livré le témoignage de ton soutien et de ta sollicitude quand il était jeune élève à Douala dans les années 50-60 Esseulé, lui le natif de l’épaisse forêt primaire de SONKOT MINKAN à milles lieux d’EBOLOWA, a trouvé en toi une seconde maman, une jeune maman. A cette époque, tu avais déjà un sens de la responsabilité avéré, un humaniste certain, de la considération pour l’autre.
    Merci pour l’amour que tu as si bien distillé.
    Tu as toujours donné le meilleur de toi même en tout.
    Femme modèle, femme miroir, ton oeuvre survit.
    L’estomac est noué certes, mais l’espérance de ta félicité nous vivifie.
    Vas en paix. Tes enfants, la Grande famille du RDPC, tes collègues, tes amis se chargent de t’accompagner dans la dignité que tu mérites!

    (e) Adams Daniel OYONO

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